Un Étrange Témoignage Du Passé...

Publié le 20/04/2021
"Au moment où ces lettres sont écrites la plus grande misère existe à Dijon"

Alors qu'il réalisait une saignée dans le mur de la chapelle pour y loger les réseaux électriques, Victorien ne s'attendait pas à trouver ce petit souvenir vieux de 165 ans.

Pourtant la découverte de documents d'archives sur les chantiers de restauration n'est pas fréquente. Hors contexte de fouilles archéologiques, il est plus courant de mettre à jour des traces matérielles qui témoignent de l'histoire du bâtiment, des monnaies, des ossements voire des outils.

Remis entre les mains des services municipaux, le document est déposé pour être précieusement conservé, aux Archives municipales de Dijon.

Le feuillet a été écrit et scellé entre les pierres par Nicolas Godard, un ouvier-plâtrier travaillant sur le site de la Chapelle Sainte-Croix de Jérusalem. Il semble en effet, que des travaux soient menés dans la chapelle, dans les années 1855-1858.

Dans son texte, l'ouvrier fait référence à la boutique de monsieur Lambert, plâtrier, cour du cheval blanc. Située 36 rue Saint-Nicolas (actuelle rue Jean-Jacques Rousseau), cet îlot d'habitation abrite alors des ouvriers et des artisans - relieurs, doreurs, serruriers, couvreurs, tailleurs de pierre, menuisiers...- parmi lesquels la famille Lambert.

  Enfin le document nous interpelle par la mention finale écrite par l'ouvrier-plâtrier. Pour témoigner du quotidien de ses semblables, il conclue son texte en indiquant « Au moment où ces lettres sont écrites la plus grande misère existe à Dijon ». Mention troublante qui fait resurgir la vie, souvent difficile, des plus humbles plus de 165 ans après avoir été écrite.

 

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